Gisèle, engagée pour l’éternité

Revenue de l’enfer des camps de concentration, Gisèle Giraudeau-Fraud, résistante et déportée, s’en est allée dans sa 95è année.

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Gisèle avait 21 ans lorsqu’elle fut arrêtée en 1944 à Nantes par la Gestapo, qui recherchait son frère. Fille d'un cheminot qui travaillait à la gare de Treillières, elle était la sœur cadette de Joseph Fraud, instituteur et résistant, qu’elle aidait à imprimer des journaux clandestins, qui partaient depuis la gare de Treillières. Torturée pour qu’elle révèle sa cachette, Gisèle a tenu bon : « Dans les cellules voisines j’entendais les plaintes d’autres personnes. J’avais peur. Dans des situations comme cela, on implore le ciel, on essaie de répondre n’importe quoi... »

La jeune femme connut l’horreur et la cruauté dans plusieurs camps de concentration, celui de Ravensbrück (Allemagne) puis celui de Zwodau en Tchécoslovaquie. Libérée en mai 1945, elle revient à Nantes, affaiblie, mais retrouve goût à la vie : un travail, un mari et trois maternités. Elle reçoit la Légion d’honneur en 1997 pour son action résistante. Membre de différentes associations œuvrant pour la mémoire de la déportation, Gisèle Giraudeau-Fraud n’a eu de cesse de témoigner auprès de publics scolaires afin de témoigner de son action dans la Résistance et de son vécu de déportée. 

Un devoir de mémoire qui garde, aujourd’hui encore, tout son sens.