Bakary, maux à mots

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Il n’a rien oublié des conditions de son départ de la Côte d’Ivoire. Ce n’était pas de gaité de cœur mais une nécessité vitale, humaine pour Bakary Koné. Le père de famille a trouvé à Treillières un havre de paix salutaire, et en la bibliothèque une façon d’avancer, comme de rêver. 

« Ma femme connaissait Nantes, un peu. » Ce fut une installation délicate mais facilitée par la gentillesse des gens, « leur ouverture et leur compréhension », souligne Bakary. Dans ses valises, les souvenirs de sa vie d’avant bien sûr, lorsqu’il était à la tête d’une entreprise de gestion immobilière, des images de son pays, des odeurs, des chaleurs, mais pas d’abattement. « Treillières est une ville plaisante et reposante, c’est là où nous vivons désormais. Je cherchais à remercier les gens de leur bienveillance, comme à être utile, notamment vis-à-vis de la mairie qui nous est d’une immense aide, au quotidien ». « Au CCAS, la responsable m’a dit qu’à la bibliothèque, les bénévoles étaient bienvenus ». Les ouvrages, les romans, les bandes-dessinées, un monde nouveau pour Bakary : « en Côte d’Ivoire, nous n’avons pas la culture de la lecture ». Qu’à cela ne tienne, Bakary a su apprivoiser cet élément culturel, au sein duquel il donne de son temps chaque jeudi, assurant la lecture à de jeunes lecteurs. « J’adore lire pour les autres, même si je dois encore améliorer ma tonalité, corriger mon accent parfois ». Bakary dit faire son « maximum », en apprivoisant l’organisation de la bibliothèque et en s’enrichissant de lectures improbables jusqu’à il y a peu : « des romans policiers, j’aime bien. À la maison, il y a toujours des livres. »